24 février 2011

Quand j'étais petit

Quand j'étais petit, j'étais un chevalier. Avec une armure, pour sûr ; mais avec des supers pouvoirs. Un Chevalier du Zodiac !

Je vous cacherai lequel j'étais censé incarner (ceci explique peut-être cela...). Ben, pas de chance, les autres avaient déjà pris les meilleurs.

Pégase, Shiriu, vite la princesse se meurt (elle une flêche d'or dans le coeur) !!
Il nous reste moins de 24h pour gravir la montagne ; passer dans le temple de chaque chevalier d'or (he oui, y a encore plus classe que nous, les Chevaliers d'or), les butter un à un ; se taper un millier de marches entre chaque ; et la sauver.

Le Chevalier est Joe
la montagne ; le sacré Emei Shan dans les environs de Chengdu
les temples des Chevaliers d'or ; les temples et monastères bouddhistes
les innombrables marches, les innombrables marches
(plus de 13 000 si mes calculs sont bons - 2000 mètres à raison de 15 cm par marche)
les adjuvants ; mon bambou, les "snack counters", Bopan et les autres Chinois rencontrés en route
les opposants ; le froid et la neige
la princesse et sa beauté ; le sommet d'Emei Shan et sa beauté.

Si on m'avait dit quand j'étais petit que les Chevaliers du Zodiaque et les Chevaliers d'or ce n'était rien comparé à Emei Shan, je serai peut-être allé directement à la source sans m'attarder dans la fiction. Ca m'aurait évité de collectionner des figurines ridicules et d'enquiquiner mes parents avec des magic card au prix exorbitant. Mais toute fiction n'est-elle pas aussi faite pour être dépassée ? Merci Dorothée.






























15 février 2011

Qu'est-ce que tu me chines ?

Voilà un des avantages de voyager seul : sauter dans un bus alors qu'une heure auparavant votre projet était tout autre. Et ce, luxe extrême, sans s'en expliquer à qui que ce soit.

Le Laos c'est magnifique et paisible au point qu'on oublie que l'heure tourne et que d'ici moins de 3 mois, l'aventure sera bonne pour l'album 2010/2011. Oui, un petit coup de calendrier ! Sans cette pensée, je me serais posé tranquillement dans l'une des petites guinguettes de la gare routière suffocante d'Udomxai, où pour faire fuir les mouches des étales de viande et de poisson séché, des sacs plastiques tournent en rond autour d'une baguette en bois activée électriquement.

On peut toujours demander. Ah bon, le bus couchette pour Kunming, dans une demi-heure. Je n'ose même pas demander la durée du trajet, et troque mes derniers kips pour un billet longue distance. Eh non, je ne suis donc pas arrivé à pied par la Chine. Si seulement (j'ai essayé!); cela m'aurait évité 20h dans une couchette dimensionnée pour un nain, et les aiselles de mon voisin.



A 7h du mat, arrivée dans la capitale du Yunnan. Mes "amis" anglais et américains me lachent éhonteusement, et moi qui n'ai pas changé d'argent à la frontière ayant peur de perdre au change... Sans kwaï, même pas moyen de prendre un bus. Heureusement que j'ai des jambes.

Ben Kunming, c'est qu'une petite ville chinoise de 1,5 millions d'habitants, je suis forcément déjà sur le plan du Lonely. Plein nord, je suis le plan. Une heure, deux heures, trois heures, et toujours dans des zones industrielles qui feraient saliver ou palir tout promoteur de ZAC françaises.

Et si tu essayais de leur parler. Pire, c'est mieux sans informations contradictoires. Baraguine toujours mais fais des gestes je t'en prie. Par-là, par-ci, ah non, repar-là ! Au bord de la crise, je me jette sur un taxi, lui tends tête et plan à travers la fenêtre passager. Bank, bank of china !! Je lui sors un billet de 100 dol, et répète presque désespérement "change, change, change".

T'as compris, va-y mon gars roule. La direction était bonne, il fallait juste rajouter 15 minutes en voiture...Je suis dans la banque, le jeune "duty manager" s'excuse, je traduis, de la pauvreté de son anglais. Mais efficace, il remplit fissa la paperasse et me place sans attendre devant le bonne vitre. L'opératice opère, mais voilà mon chauffeur qui débarque et la presse avec cette façon qui n'a pas son apreille hors de Chine. Monsieur sans gêne, il lui demande même de casser deux billets de cent yuans pour que je le paye. J'ai cru qu'il allait se servir avant même que les maos n'arrivent dans mes mains. La fatigue sûrement.

Il reprend son sourire, on réintègre son outil de travail et il accepte de m'emmener à destination, tout en me précisant non sans gestes que les chiffres du compteur ne sont pas bons. Ben voyons, souriant mais pas con.

Voilà un des avantages de voyager seul : quand t'es dans la pannade, tu ne perds pas de temps à savoir qui a merdé !