Le Laos c'est magnifique et paisible au point qu'on oublie que l'heure tourne et que d'ici moins de 3 mois, l'aventure sera bonne pour l'album 2010/2011. Oui, un petit coup de calendrier ! Sans cette pensée, je me serais posé tranquillement dans l'une des petites guinguettes de la gare routière suffocante d'Udomxai, où pour faire fuir les mouches des étales de viande et de poisson séché, des sacs plastiques tournent en rond autour d'une baguette en bois activée électriquement.
On peut toujours demander. Ah bon, le bus couchette pour Kunming, dans une demi-heure. Je n'ose même pas demander la durée du trajet, et troque mes derniers kips pour un billet longue distance. Eh non, je ne suis donc pas arrivé à pied par la Chine. Si seulement (j'ai essayé!); cela m'aurait évité 20h dans une couchette dimensionnée pour un nain, et les aiselles de mon voisin.
A 7h du mat, arrivée dans la capitale du Yunnan. Mes "amis" anglais et américains me lachent éhonteusement, et moi qui n'ai pas changé d'argent à la frontière ayant peur de perdre au change... Sans kwaï, même pas moyen de prendre un bus. Heureusement que j'ai des jambes.
Ben Kunming, c'est qu'une petite ville chinoise de 1,5 millions d'habitants, je suis forcément déjà sur le plan du Lonely. Plein nord, je suis le plan. Une heure, deux heures, trois heures, et toujours dans des zones industrielles qui feraient saliver ou palir tout promoteur de ZAC françaises.
Et si tu essayais de leur parler. Pire, c'est mieux sans informations contradictoires. Baraguine toujours mais fais des gestes je t'en prie. Par-là, par-ci, ah non, repar-là ! Au bord de la crise, je me jette sur un taxi, lui tends tête et plan à travers la fenêtre passager. Bank, bank of china !! Je lui sors un billet de 100 dol, et répète presque désespérement "change, change, change".
T'as compris, va-y mon gars roule. La direction était bonne, il fallait juste rajouter 15 minutes en voiture...Je suis dans la banque, le jeune "duty manager" s'excuse, je traduis, de la pauvreté de son anglais. Mais efficace, il remplit fissa la paperasse et me place sans attendre devant le bonne vitre. L'opératice opère, mais voilà mon chauffeur qui débarque et la presse avec cette façon qui n'a pas son apreille hors de Chine. Monsieur sans gêne, il lui demande même de casser deux billets de cent yuans pour que je le paye. J'ai cru qu'il allait se servir avant même que les maos n'arrivent dans mes mains. La fatigue sûrement.
Il reprend son sourire, on réintègre son outil de travail et il accepte de m'emmener à destination, tout en me précisant non sans gestes que les chiffres du compteur ne sont pas bons. Ben voyons, souriant mais pas con.
Voilà un des avantages de voyager seul : quand t'es dans la pannade, tu ne perds pas de temps à savoir qui a merdé !
J'ai l'impression qu'il est temps d'apprendre le chinois Joe :-)
RépondreSupprimerRépète après moi : "ni hao". facile, hein!
Jule
On dirait que les gars on carrément mis des lits superposés dans un bus évidé de ses sièges, pas con :)
RépondreSupprimerJack
Tiens c'est marrant je viens d'aller voir à combien d'euros correspondaient 100 Yuan (11.10Eur), ben c'est à quelques centimes près le même taux de change que la couronne suédoise... surement l'un des seuls points communs entre les 2 pays !
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