S’il y a bien une chose qu’il ne faut pas manquer ici, c’est le marché à bestiaux du dimanche. Lequel, comme son nom l‘indique a lieu qu’une fois la semaine. Je comprends mieux pourquoi tant de touristes occidenaux, et chinois (ce sont les vacances nationales, un vrai cauchemar pour les backpackers), ont bruyamment débarqué hier, et trusté toutes les places du John’s bar, mon qg wifi depuis quelques jours. En tout cas, cela fait les affaires de John, le patron han qui pour cet évenement hebdomadaire arbore un discret et très classe porte-cigarette.
Dans la grande avenue qui passe par la Place du Peuple, où Mao tient le haut du pavé, c’est l’agitation incessante des jours de semaine (les Chinois ont-ils d’ailleurs un week-end ou au mins un dimanche ?). Il y a autant de mobilettes électriques pressées, et de klaxons insupportables que les autres jours.
Mon bus me dépose bien loin de ma destination. C’est à pied, transpirant et plein de poussière que j’y arrive. Et tant mieux car le spectacle de l’avant marché vaut son pesant d’or. Cariolles à moteur ou tirées par des ânes, camions, voitures, vélos tous les moyens de locomotion sont utilisés pour mener la marchandise à bon port. Les chèvres sont bourrées dans les cariolles (on a parfois du mal à trouver une tête pour chaque). Tels des funanbules, les vaches tiennent compagnie à leurs maitres à bord des fragiles carriolles, et stressées se laissent même aller !
L’espace central est une véritable cohue. Je pense aux grandes foires qui rythmaient la vie des bourgs de haute-tarentaise, avant l’essor de l’or blanc. Sur un terre-plain boueux et presque impraticable pour ceux qui ne veulent pas se crotter, se pressent acheteurs et vendeurs.
Dans un coin, solitaire, un chameau me regarde non-challament de ses gros yeux globuleux. Je n’essaierai pas de vous le décrire, les mots d’E. Maillart ne pouvant être mieux choisis.
*in Des monts célestes aux sables rouges