Ce soir, nous ne sommes que le 18 octobre mais la lune est déjà ronde. La face nord du Kailash nous éclaire d’une lumière froide. Le vent, l’altitude gênent notre avancée vers le mont sacré.
A quoi bon ? Nous ne serons jamais assez prêt. Ignorant les motivations de ce père et de ce fils, c’est dans le silence que j’apprends leur «mission». Oui. Là. Juste au-dessus, sur ce talus.
Sous les bruyants drapeaux de prière, s’envolent puis disparaissent les cendres de Natacha dont le dernier souhait était de réaliser le kora, le tour du Kailash. Centre de l’univers pour les Tibétains ; résidence de Shiva, dieu des renaissances, pour les Hindous.
Son esprit ne sera pas le seul à reposer ni à attendre ici. Sur leur parcours, les pèlerins déposent les vêtements de leurs êtres chers et perdus à jamais. Et au fil des saisons ils perdent leurs couleurs au même rythme que les drapeaux qui les surplombent.
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